Le surendettement, c’est un sujet récurrent dans les médias. Véritable épée de Damoclès qui pèse au-dessus des ménages fragiles : difficultés financières, crédits à la consommation, crédits revolving… Et puis l’enfer dont on n’arrive pas à s’extirper et des familles entières qui s’écroulent. 900 000 dossiers sont traités actuellement.
Nous avons eu la chance de rencontrer Jean-Louis Kiehl, Président de la Fédération des Chambres Régionales du Surendettement Social (CRESUS) qui accompagnent les familles dans leur parcours du combattant. Et c’est sans langue de bois qu’il a répondu à nos questions !
C’est un homme en colère et révolté qui nous a expliqué son combat au quotidien, son sentiment d’impuissance voire de résignation face à un système qu’il considère comme grippé. Dès le départ, le tableau est fixé :
« 15 millions de nos concitoyens finissent le mois à 50/150 euros près. Comment voulez-vous vous en sortir avec 1400€ par mois quand vous avez une famille à nourrir ?! Ce n’est pas tenable ! Il faut vraiment gérer son budget, il ne faut pas faire de bêtises. Et face à ça, il y a les aspirations : tout le monde veut vivre comme tout le monde, c’est une spirale sans fin. »
D’expérience, il sait qu’un célibataire qui touche 1500€ et qui a un crédit revolving en plus d’un crédit classique est susceptible de basculer du côté obscur, s’il ne gère pas son budget. Et une fois qu’on est de l’autre côté ? On est bien seul….
« La Banque de France a un budget de 200 millions d’euros, a 1800 employés dédiés au question de surendettement et ils traitent la chose de manière purement administrative ! Les personnes viennent remplir un dossier et après sont laissées seules face à leur situation. Il faut les accompagner ! »
Plus on écoute Jean-Louis Kiehl, plus on se rend compte qu’il écope à la petite cuillère une barque qui se remplit d’eau à grande vitesse. Il nous confie que CRESUS prévoit une année 2011 terrible (notamment avec l’arrivée des chômeurs en fin de droits). Et les dommages collatéraux sont là : déjà trois pendaisons et une tentative de suicide en l’espace d’un mois.
Face à ces drames, nous cherchons une note d’optimisme mais la sentence tombe comme un couperet : « Aucun espoir ». C’est la réponse de l’homme qui suit au quotidien des familles surendettées (pendant une durée qui peut atteindre 10 ans) et qui connaît toutes les limites du système français. « Aucun espoir ». Puis il se reprend, et nous livre la réponse de l’homme qui veut malgré tout y croire, sinon à quoi bon ?! Pour que ce combat ne soit plus perdu d’avance :
« Il faudrait créer un fichier positif (un fichier des crédits à la consommation) qui responsabiliserait les établissements financiers : s’ils décident de prêter, ils assument leur responsabilité. »
Aujourd’hui ? Les taux d’intérêt sont de près de 20% et les établissements financiers ne subissent que 2% de pertes…
« Il faut aussi promouvoir l’accompagnement des personnes surendettées. »
Aujourd’hui ? Les ménages déposent leur dossier de surendettement beaucoup trop tard et se retrouvent seules pour gérer une crise financière qui débouche souvent sur une crise familiale et humaine.
« Il faut promouvoir l’éducation financière des français pour leur apprendre à gérer un budget et éviter de tomber dans ce cercle vicieux du surendettement. »
Aujourd’hui ? Avant de venir voir l’association, beaucoup de nos concitoyens ignorent ce qu’est un budget familial.
Et comment financer tout cela ? Une fois encore le militant prend le dessus et nous explique qu’il est hors de question que ce soit l’État, donc les impôts qui assument cette charge. Dans un monde idéal, il faudrait que les établissements bancaires financent ces mesures. Mais cela semble un peu utopique.
Reprenons : une situation inextricable pour le moment, des histoires humaines déchirantes et dramatiques, peu d’espoir pour la suite. Mais qu’est-ce qui donne la force aux bénévoles et salariés de l’association de continuer leur travail combat ?
« Quand les gens arrivent en pleurs et qu’après nous avoir rencontré, ils repartent avec un peu plus de courage. »
Nous sommes tous concernés. Personne n’est à l’abri (les classes moyennes sont aussi touchées). Il faut donc que le système change ; car malgré tous les efforts et la bonne volonté des associations de terrain, la situation n’en finira pas de se détériorer si des mesures ne sont pas prises rapidement.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Qui doit agir ? Qui doit payer ? Quelle(s) solution(s) pour l’avenir ?
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CRESUS a lancé une webradio qui tend à devenir une radio FM d’ici deux ans dédiée à l’insertion, à l’éducation financière et au développement durable. Disponible 7 jours sur 7, elle propose une émission en direct tous les vendredis, où juristes et avocats répondent aux questions des internautes.
Les internautes peuvent également poser des questions sur le site CRESUS, où on leur répondra en temps réel.
Crédit Photo : 20 minutes





Je viens de lire ce document, très intéressant et au combien juste. Le surendettement et la misère humaine derrière est d’actualité et vue la situation économique cela ne va pas aller mieux. Je suis moi même concernée par le sujet, suite à un cancer du sein, un séparation avec un enfant à m’occuper, et une santée rester fragile à ce jour, et m’obligeant plusieurs fois par an à m’arrêter de travailler, d’ailleurs au moment ou j’écris je suis en mi-temps thérapeutique, suite à une insiffisance respiratoire dûe à la radiothérapie. Ces derniers temps j’ai été confronter à un problème avec ma banque, qui m’avait accordée un découvert, alors qu’à plusieurs reprises, j’avais appelé, pour demander si cela était normal, vue que j’avais un dossier de surendettement, mais oui, Madame, jusqu’au jour (Août), plus de découvert,pas de courrier, ni d’appel, pour me prévenir, et bien évidemment, tous ce qui rentrait sur compte pris, rentrée scolaire, pension alimentaire, règlement mi-temps de la sécurité sociale, plus rien,les yeux pour pleurer, et le comble des frais de débits, des frais de rejets, plus je suis allée à la poste pour régler un des créancier qui me harcelait pour non respect du moratoire Banque de France, donc encore des frais d’envoie. J’ai fait un courrier rester sans réponse (très poli) manque de respect totale. L’agence dont je dépend, sympa avec moi, leurs discours nous servons de boite au lettre dans des cas de surendettement. Je ne compte pas me laisser faire, et je continue, là je vais envoyer un recommandée au service consommateur de cette banque. Mais c’est pour dire, tout est traité en gros, aucune considération pour des cas particuliers comme moi, et bien d’autres dans la même situation, pas de chance avec la santé le bien le plus précieux, et encore des soucis, je suis fatiguée. Il faut que chaque personne ayant des problèmes identiques n’ai pas peur , ni honte d’en parler, et à force, peut être, les choses pourront bouger, avec l’aide de personnes ayant une connaissance des lois, des droits, et savoir ouvrir la bonne porte afin d’être entendu.
Bonjour Christine, et merci de partager votre témoignage. Votre cas est malheureusement bien loin d’être isolé, et il est vrai que l’on peut se sentir parfois desarmé ou seul face à une telle situation. C’est une des raisons qui nous a donné envie de faire connaitre l’action de structures comme celle de M. Kiehl qui militent en faveur des droits des personnes surendettées, et leur apportent conseil et soutien.
Bonjour Christine, votre témoignage est poignant et je constate une fois de plus l’importance pour les ménages en difficulté de pouvoir bénéficier d’un accompagnement – c’est là notre mission – le découvert qui vous a été octroyé n’est jamais définitif et peut se révéler perturbateur et coûteux – son retrait par la Banque vient bouleverser l’équilibre de votre budget – faites un point mensuel et si votre situation s’aggrave, redéposez un dossier en commission en demandant de bénéficier d’une orientation vers la procédure de rétablissement personnel de sorte à obtenir un effacement des dettes et redémarrer dans la vie.
Ne vous laissez pas abattre et combattez en faisant un budget de sorte à éviter le recours au découvert – un accompagnement budgétaire serait nécessaire pour vous aidez- n’hésitez pas à contacter notre fédération – nous vous aiderons.
cresus – association mission d’utilité publique
Bonsoir, Monsieur Jean-Louis Kiehl,
Merci de votre réponse, je ne compte pas me laisser abattre, on dit ce qui ne tue pas , rend plus fort, c’est mon cas, et puis je ne suis pas seule dans mon embarcation, j’ai mon fils de 14 ans. Donc je vais faire un bilan exacte de ma situation, et faire un budget. Cela fait deux fois que je dépose un dossier de surendettement, et en plus la deuxième fois, un des créanciers n’était pas d’accord, donc j’ai due aller au Tribunal de Grande Instance, qui a ordonné l’exécution du plan de la Banque de France, avec abandon des soldes. Donc un troisième dossier va t-il être accepter avec une demande de rétablissement personnel ?
Merci pour votre aide, ça fait du bien au moral, je vous contacterai pour établir un accompagnement budgétaire.
Merci de votre bienveillance. Au plaisir de vous relire. Cordialement. Christine.
Bonsoir Monsieur Jean-Louis Kiehl,
Cest avec un grand plaisir que j’ai lu votre article, je me trouve dans une situation très précaire suite à une opération qui m’a rendue invalide à 2/3 reconnue par la sécurité sociale. J’ai perdu mon emploi, mon appartement et tout ce que j’avais auparavent, c’est à dire une vie confortable. Depuis je vis avec une pension d’invalidité de 670 € et un petit salaire de 350 €, j’ai un enfant de 20 ans qui poursuit ses études et qu’il faut assumer chaque mois, inutile de vous dire que je tire le diable par la queue tous les mois. Ma banque me pille mon compte avec les frais de découvert, frais de rejet etc… Je ne sais pas comment m’en sortir, il y a t-il un moyen de négocier avec eux, j’ai lu des cas de jurisprudence où les banques ont dues rembourser les frais débités impunément ? Si vous avez une solution pouvez-vous me la communiquer, je suis un peu perdue.
Vous remerciant par avance pour votre précieuse aide,
Recevez,Monsieur Jean-Louis Kiehl, mes sincères salutations.